
Boumkoeur
>>> Rachid Djaïdani
Je dois avouer que si j'ai acheté ce bouquin, c'était à la base parce que la préface était du Suprême NTM, et surtout j'avais l'impression que ça sentait bon "les quartiers chauds", chose qu'à l'époque, bercé par le premier album de la FF, le "Paris sous les bombes" de NTM ou encore des films comme "La Haine" ou "Ma 6-T va Crack-Er" je croyais indissociable du rap français. Quelle vision réductrice...
Et puis une semaine ou deux après, je suis tombé complètement par hasard sur l'émission "Bouillon de culture" où Rachid Djaïdani était invité. J'ai été tout simplement subjugué par son discours, on le sentait avide de connaissances, émerveillé et surtout très content d'être là. Il avait envie de s'en sortir, et était bien loin des "putain c'est la merde" que j'affectionnais à l'époque et que je croyais essentiels au rap...
En fait il a fini par prendre la poussière ce bouquin et comme un signe du destin, je suis retombé dessus alors qu'on parlait d'ouvrir une nouvelle section sur Rapa. Je l'ai relu et c'est là que j'ai compris ce que voulait dire "prendre du recul"
Bien entendu ce bouquin respire le rap, il parle de cité mais ce n'est pas là son principal intérêt, bien au contraire ! Il va bien au delà des tours de béton, contrairement à un film comme "Ma 6-T va Crack-Er" qui finalement s'enferme dans les clichés et n'apportent rien de positif au problème, Rachid ne lourde pas le lecteur, son écriture est d'une fraîcheur extrême. Il joue avec les mots, avec les phrases. Ici point de verlan mais une volonté d'ouvrir sa culture et son histoire à un maximum de gens. On sent presque une envie de trop en faire et d'écrire sur la vie dans une cité avec un langage assez soutenu. Mais la force de l'auteur est de raconter de petites anecdotes banales qui reflètent et dénoncent parfaitement les mauvais côtés de la cité. Par exemple lorsqu'il est assommé et qu'il reprend ses esprits, il fait un récapitulatif de sa vie pour être sûr que tout va bien: "Mon âge est de 21 hivers, je porte un jean 501, [...] je n'aime pas SOS Racisme, ils viennent dans nos quartiers uniquement lorsque c'est prime time sur le dos de nos cadavres qui font de l'audimat".
Et rassurez-vous on n'a pas affaire à une simple accumulation d'anecdotes de ce genre. Ou plutôt si mais toutes ces anecdotes forment au final un fil conducteur, une histoire sans prise de tête pour le lecteur, dont le dénouement est véritablement inattendu, et est un véritable plaisir. Merci Rachid...
Pour conclure Rachid Djaïdani nous emmène à travers ce petit bouquin entre les tours de béton de sa cité où certes il n'est pas spécialement agréable de vivre mais au final on ne s'empêtre pas les pieds et l'esprit dans le bitume, on s'envole bien au dessus...
Et puis une semaine ou deux après, je suis tombé complètement par hasard sur l'émission "Bouillon de culture" où Rachid Djaïdani était invité. J'ai été tout simplement subjugué par son discours, on le sentait avide de connaissances, émerveillé et surtout très content d'être là. Il avait envie de s'en sortir, et était bien loin des "putain c'est la merde" que j'affectionnais à l'époque et que je croyais essentiels au rap...
En fait il a fini par prendre la poussière ce bouquin et comme un signe du destin, je suis retombé dessus alors qu'on parlait d'ouvrir une nouvelle section sur Rapa. Je l'ai relu et c'est là que j'ai compris ce que voulait dire "prendre du recul"
Bien entendu ce bouquin respire le rap, il parle de cité mais ce n'est pas là son principal intérêt, bien au contraire ! Il va bien au delà des tours de béton, contrairement à un film comme "Ma 6-T va Crack-Er" qui finalement s'enferme dans les clichés et n'apportent rien de positif au problème, Rachid ne lourde pas le lecteur, son écriture est d'une fraîcheur extrême. Il joue avec les mots, avec les phrases. Ici point de verlan mais une volonté d'ouvrir sa culture et son histoire à un maximum de gens. On sent presque une envie de trop en faire et d'écrire sur la vie dans une cité avec un langage assez soutenu. Mais la force de l'auteur est de raconter de petites anecdotes banales qui reflètent et dénoncent parfaitement les mauvais côtés de la cité. Par exemple lorsqu'il est assommé et qu'il reprend ses esprits, il fait un récapitulatif de sa vie pour être sûr que tout va bien: "Mon âge est de 21 hivers, je porte un jean 501, [...] je n'aime pas SOS Racisme, ils viennent dans nos quartiers uniquement lorsque c'est prime time sur le dos de nos cadavres qui font de l'audimat".
Et rassurez-vous on n'a pas affaire à une simple accumulation d'anecdotes de ce genre. Ou plutôt si mais toutes ces anecdotes forment au final un fil conducteur, une histoire sans prise de tête pour le lecteur, dont le dénouement est véritablement inattendu, et est un véritable plaisir. Merci Rachid...
Pour conclure Rachid Djaïdani nous emmène à travers ce petit bouquin entre les tours de béton de sa cité où certes il n'est pas spécialement agréable de vivre mais au final on ne s'empêtre pas les pieds et l'esprit dans le bitume, on s'envole bien au dessus...

Rachid Djaïdani
Roman / sorti en 1999
Chronique de XQlusif
note : 16/20
Edition Seuil
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