
Ennemi de l'ordre
>>> Casey
Comme il s'agit d'un maxi, on va procéder titre par titre, elle le mérite largement.
Donc commençons par « L'exclu ». La surprise est cette instru pas si sombre, on s'attendait à plus calme, plus noire. Un sample de guitare électrique, un beat plutôt lent, mais le tout est fat, avec un débit bien connu. Articulé, plein d'assonances, et pas uniquement pour faire beau. Ca claque, ça dérange, phrases bien placées, bien construites, ce morceau en guise d'intro place d'emblée l'ambiance, effacez vos sourires, on parle crû, et sans faux-semblant.
Second morceau, « Le fusil dans l'étui ». Casey commence direct, son phrasé déroule, constat sur constat, toujours avec ce flow à part, travaillé, très profond. Une fois de plus, l'instru colle à l'état d'esprit de la rappeuse. Sans cesse à la limite, on la sent posée, mais jusqu'à quand ? (« j'ai du mal a garder le fusil dans l'étui, j'ai rempli le canon et puis, il se peut qu'un beau jour pour un rien, j'appuie ») C'est pareil pour la prod, on la sent prête à exploser.
Allez la suite, « Ennemi de l'ordre », on rentre dans une ambiance sonore beaucoup plus sombre, plus stressante. On peut trouver le morceau un peu plus introspectif, plus personnel, mais bon c'est du Casey, entre singulier et pluriel, un coup elle suit le cliché, après elle parle de son expérience personnelle. Très bon titre !
« Comme un couteau dans la plaie », Casey attaque plus qu'elle constate. Sur une production un peu plus entraînante, pas dansante, faut pas déconner. Le flow ne s'essouffle pas, les rimes sont toujours incisives. Son « épaisse violence efficace du hooligan » est au point, ça peut déranger, mais c'est le but recherché.
La suite est sombre (normal), plus historique, Casey revient sur la condition du peuple noir en France depuis le début. « On nous agresse, donc on agresse, ils ont battu des nègres, violé des négresses, donc nos plaies sont grosses, et mon crâne endosse, angoisse et moral en baisse dans mon blockhaus » ou bien « Comment veux-tu que ma colère cesse, quand le colon est cruel comme le S.S ». On sait à quoi s'attendre, sur une instrumentale sombre, prenante. On l'écoute sans bouger, sans mot dire, la rage montant petit à petit, on en sort fracassé, ou bien scandalisé...ou les deux. La fin est claire « tu peux me croire, faire l'étonné, sourire avec ironie, c'est le point de vue des damnés des colonies ».
Le dernier morceau est plus à l'arrache. Enfin ça reste un avis. Casey pose bien, mais on a plus l'air d'entendre un son de « Que d'la haine » que d'un album. Ayant plus de mal avec Prodige et B.James, forcément mon avis en sort modifié. Mais le titre est bon.
Pour finir, je ne vous surprendrai pas en vous disant que ce maxi est une gifle. De par sa profondeur, son écriture travaillée, l'ambiance gênante, oppressante qui en ressort. De très bonne augure pour l'album, après les maxis de Shéryo, Anfalsh prod en sortira grandit. S'il sort sur Anfalsh prod, vu qu'un nouveau projet de label est en étude. Enfin bon, peu importe sur quel label il sort, c'est l'album qu'on veut. Selon Sinik le rap féminin n'a qu'un seul nom, c'est vrai et c'est Casey, pas Diam's. Et le mieux c'est que la rappeuse du Blanc-Mesnil s'en tape de ces comparatifs, elle fait du rap, pas féminin, pas masculin. D'ailleurs les mysos feraient bien de retourner à leur cahier, car ils vont prendre une seconde claque verbale !
Donc commençons par « L'exclu ». La surprise est cette instru pas si sombre, on s'attendait à plus calme, plus noire. Un sample de guitare électrique, un beat plutôt lent, mais le tout est fat, avec un débit bien connu. Articulé, plein d'assonances, et pas uniquement pour faire beau. Ca claque, ça dérange, phrases bien placées, bien construites, ce morceau en guise d'intro place d'emblée l'ambiance, effacez vos sourires, on parle crû, et sans faux-semblant.
Second morceau, « Le fusil dans l'étui ». Casey commence direct, son phrasé déroule, constat sur constat, toujours avec ce flow à part, travaillé, très profond. Une fois de plus, l'instru colle à l'état d'esprit de la rappeuse. Sans cesse à la limite, on la sent posée, mais jusqu'à quand ? (« j'ai du mal a garder le fusil dans l'étui, j'ai rempli le canon et puis, il se peut qu'un beau jour pour un rien, j'appuie ») C'est pareil pour la prod, on la sent prête à exploser.
Allez la suite, « Ennemi de l'ordre », on rentre dans une ambiance sonore beaucoup plus sombre, plus stressante. On peut trouver le morceau un peu plus introspectif, plus personnel, mais bon c'est du Casey, entre singulier et pluriel, un coup elle suit le cliché, après elle parle de son expérience personnelle. Très bon titre !
« Comme un couteau dans la plaie », Casey attaque plus qu'elle constate. Sur une production un peu plus entraînante, pas dansante, faut pas déconner. Le flow ne s'essouffle pas, les rimes sont toujours incisives. Son « épaisse violence efficace du hooligan » est au point, ça peut déranger, mais c'est le but recherché.
La suite est sombre (normal), plus historique, Casey revient sur la condition du peuple noir en France depuis le début. « On nous agresse, donc on agresse, ils ont battu des nègres, violé des négresses, donc nos plaies sont grosses, et mon crâne endosse, angoisse et moral en baisse dans mon blockhaus » ou bien « Comment veux-tu que ma colère cesse, quand le colon est cruel comme le S.S ». On sait à quoi s'attendre, sur une instrumentale sombre, prenante. On l'écoute sans bouger, sans mot dire, la rage montant petit à petit, on en sort fracassé, ou bien scandalisé...ou les deux. La fin est claire « tu peux me croire, faire l'étonné, sourire avec ironie, c'est le point de vue des damnés des colonies ».
Le dernier morceau est plus à l'arrache. Enfin ça reste un avis. Casey pose bien, mais on a plus l'air d'entendre un son de « Que d'la haine » que d'un album. Ayant plus de mal avec Prodige et B.James, forcément mon avis en sort modifié. Mais le titre est bon.
Pour finir, je ne vous surprendrai pas en vous disant que ce maxi est une gifle. De par sa profondeur, son écriture travaillée, l'ambiance gênante, oppressante qui en ressort. De très bonne augure pour l'album, après les maxis de Shéryo, Anfalsh prod en sortira grandit. S'il sort sur Anfalsh prod, vu qu'un nouveau projet de label est en étude. Enfin bon, peu importe sur quel label il sort, c'est l'album qu'on veut. Selon Sinik le rap féminin n'a qu'un seul nom, c'est vrai et c'est Casey, pas Diam's. Et le mieux c'est que la rappeuse du Blanc-Mesnil s'en tape de ces comparatifs, elle fait du rap, pas féminin, pas masculin. D'ailleurs les mysos feraient bien de retourner à leur cahier, car ils vont prendre une seconde claque verbale !

Casey
Maxi / sorti en 2006
Chronique de Taiji
note : 19 /20
01 - L'exclu
02 - Le fusil dans l'étui
03 - Ennemi de l'ordre
04 - Comme un couteau dans la plaie
05 - Dans nos histoires
06 - Travail de nègre (Feat. B.James et Prodige)
02 - Le fusil dans l'étui
03 - Ennemi de l'ordre
04 - Comme un couteau dans la plaie
05 - Dans nos histoires
06 - Travail de nègre (Feat. B.James et Prodige)
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