
Mozaistes
>>> La Moza
Comment aborder une chronique dont on connaît les mecs qui composent le groupe ? Bon, La Moza ce n'est pas le genre à aller cramer ma voiture si jamais je leur mets 2/20, mais bon. Ca risque de refroidir sérieusement nos rapports. Sachant que je vois Némo quasiment tout les vendredis, s'agirait pas que ça devienne des règlements de comptes en direct.
Non, en fait le plus dur c'est d'être objectif. Mais bon je sais quand même que le jour ou je devrais mettre 2/20 à un disque de La Moza, c'est que le rap n'est définitivement plus, ou que j'ai sombré dans les profondeurs du néant que représente le Dirty South.
Alors présentation, La Moza, c'est trois gars. Boosta et Némo pour l'écriture, et Raistlin pour le beatmaking. (Némo place également les scratches sur l'album). Le tout issu de Grenoble et de ses environs.
Les premières remarques qui se placent d'entrée, c'est que ça n'a rien à voir avec les productions actuelles. Ici les instrus sont fouillées, riches. Du sample en veux-tu ? En voilà ! Raistlin nous gratifie d'une ambiance assez intimiste, sombre, pas de gros cuivres, loin des ambiances de sons de voiture. Non, là on a envie de mettre son casque et s'isoler. Et après être entré dans l'ambiance, on écoute, car La Moza, c'est aussi et surtout une profondeur d'écriture, bien articulée, un bon flow mais pas fatiguant.
Torturé les MC's de la Moza ? On pourrait le croire. Avant le rap « conscient » c'était des textes moralisateurs, genre grand frère. Mais si aujourd'hui ce terme ne signifie plus grand chose, je le ressortirai bien pour définir cet album ! Car Boosta et Némo ne font la pas leçon, mais sortent des textes très « conscients » car très lucides. La réalité de jeunes de 25 ans qui se prennent la tête, cherchant l'évolution, tout en livrant du son de qualité, car le rap reste une passion, un amour d'adolescence qui est toujours aussi présent pour eux.
Actuel donc pour les thématiques, on parlera de l'humain et sa passion pour le suicide (« de la nature qui crie sa colère, qui gueule/ qu'on étouffe pour mieux vendre des Desert Eagle » Boosta dans « Qui s'acquittent de l'éthique ? »), du rap (« Ma logique », « Cellules souches », « L'irréductible »), de la France (« mon pays s'américanise, précarise et privatise/brise des vies pour que des entreprises rivalisent » Némo dans « Miroir ») ...enfin la dégradation du monde de manière générale. Mais « Mozaïstes » c'est un constat, accompagné de quelques solutions qui ne semblent plus être évidentes. Se poser des questions, réfléchir quoi ! Mais ce n'est pas pour cela que les deux rappeurs Grenoblois se présentent en porteur de vérités. De leur écriture ressort la « certitude de mes doutes » dixit Némo. On sent que les acolytes ont les mêmes thèmes en commun, mais on sent un Némo qui est plus volubile sur le thème du « Moi » parmi le monde, les questions, la réflexion (« Trace écrite » est énorme). Boosta penche plus sur sa position de noir en France. Et l'Histoire de ses origines, si absente, éternellement passée sous silence (« Au frontières des ruelles », « Nuit noire »). L'Homme dans sa globalité reste une interrogation constante pour le duo.
Ayant eu la chance de les voir en live, on ne peut qu'être sur le cul quand on voit leur complémentarité. Et je m'attendais à pleins de titres où, malgré le coté intimiste, les deux s'adonnaient à des punchlines creusées. Mais sur 20 titres, 4 sont des espaces libres pour Raistlin, les 15 autres alternent entre solo et duo. On ne compte que 5 duo (« Miroir » est excellent). Assez décevant quand on sait ce que ça donne. A défaut même d'un trio, on aura le duo Némo-Raistlin sur « La gamme du chronomètre », et l'écriture du beatmaker est toujours compliquée, bonne, très bonne même, mais des mots parfois super recherchés. Ca fait plaisir. Au fait, 15+4...ça fait 19? Et oui, car une plage n'est pas par Némo ou Boosta. Mais par un pote à eux (Yohan) pour un solo bien posé, bien profond (« Homo Sapiens Lambda »).
Aller, je vais quand même trouver des points faibles ! Le principal souci de l'album, c'est sa linéarité. Les esprits distraits l'écouteront en plusieurs fois, car il n'y a pas de morceaux un peu plus pêchus, qui relancent une attention qui s'effrite.
Les instrumentaux, comme je l'ai dit, sont très bonnes et collent aux Mc's, mais leurs couleurs sont assez similaires.
Bon malgré tout, pour un premier album, La Moza ne déçoit pas. On s'attendait à un disque profond, riche de par son écriture, et c'est le cas. Pour les nostalgique des albums des grosses années 95-96, « Mozaïstes » est fait pour vous.
Edit Taiji : Je corrige la note que j'ai mise, un point de plus et encore je suis dur! La Moza c'est l'avenir du rap français alors jetez vous sur l'album.
Non, en fait le plus dur c'est d'être objectif. Mais bon je sais quand même que le jour ou je devrais mettre 2/20 à un disque de La Moza, c'est que le rap n'est définitivement plus, ou que j'ai sombré dans les profondeurs du néant que représente le Dirty South.
Alors présentation, La Moza, c'est trois gars. Boosta et Némo pour l'écriture, et Raistlin pour le beatmaking. (Némo place également les scratches sur l'album). Le tout issu de Grenoble et de ses environs.
Les premières remarques qui se placent d'entrée, c'est que ça n'a rien à voir avec les productions actuelles. Ici les instrus sont fouillées, riches. Du sample en veux-tu ? En voilà ! Raistlin nous gratifie d'une ambiance assez intimiste, sombre, pas de gros cuivres, loin des ambiances de sons de voiture. Non, là on a envie de mettre son casque et s'isoler. Et après être entré dans l'ambiance, on écoute, car La Moza, c'est aussi et surtout une profondeur d'écriture, bien articulée, un bon flow mais pas fatiguant.
Torturé les MC's de la Moza ? On pourrait le croire. Avant le rap « conscient » c'était des textes moralisateurs, genre grand frère. Mais si aujourd'hui ce terme ne signifie plus grand chose, je le ressortirai bien pour définir cet album ! Car Boosta et Némo ne font la pas leçon, mais sortent des textes très « conscients » car très lucides. La réalité de jeunes de 25 ans qui se prennent la tête, cherchant l'évolution, tout en livrant du son de qualité, car le rap reste une passion, un amour d'adolescence qui est toujours aussi présent pour eux.
Actuel donc pour les thématiques, on parlera de l'humain et sa passion pour le suicide (« de la nature qui crie sa colère, qui gueule/ qu'on étouffe pour mieux vendre des Desert Eagle » Boosta dans « Qui s'acquittent de l'éthique ? »), du rap (« Ma logique », « Cellules souches », « L'irréductible »), de la France (« mon pays s'américanise, précarise et privatise/brise des vies pour que des entreprises rivalisent » Némo dans « Miroir ») ...enfin la dégradation du monde de manière générale. Mais « Mozaïstes » c'est un constat, accompagné de quelques solutions qui ne semblent plus être évidentes. Se poser des questions, réfléchir quoi ! Mais ce n'est pas pour cela que les deux rappeurs Grenoblois se présentent en porteur de vérités. De leur écriture ressort la « certitude de mes doutes » dixit Némo. On sent que les acolytes ont les mêmes thèmes en commun, mais on sent un Némo qui est plus volubile sur le thème du « Moi » parmi le monde, les questions, la réflexion (« Trace écrite » est énorme). Boosta penche plus sur sa position de noir en France. Et l'Histoire de ses origines, si absente, éternellement passée sous silence (« Au frontières des ruelles », « Nuit noire »). L'Homme dans sa globalité reste une interrogation constante pour le duo.
Ayant eu la chance de les voir en live, on ne peut qu'être sur le cul quand on voit leur complémentarité. Et je m'attendais à pleins de titres où, malgré le coté intimiste, les deux s'adonnaient à des punchlines creusées. Mais sur 20 titres, 4 sont des espaces libres pour Raistlin, les 15 autres alternent entre solo et duo. On ne compte que 5 duo (« Miroir » est excellent). Assez décevant quand on sait ce que ça donne. A défaut même d'un trio, on aura le duo Némo-Raistlin sur « La gamme du chronomètre », et l'écriture du beatmaker est toujours compliquée, bonne, très bonne même, mais des mots parfois super recherchés. Ca fait plaisir. Au fait, 15+4...ça fait 19? Et oui, car une plage n'est pas par Némo ou Boosta. Mais par un pote à eux (Yohan) pour un solo bien posé, bien profond (« Homo Sapiens Lambda »).
Aller, je vais quand même trouver des points faibles ! Le principal souci de l'album, c'est sa linéarité. Les esprits distraits l'écouteront en plusieurs fois, car il n'y a pas de morceaux un peu plus pêchus, qui relancent une attention qui s'effrite.
Les instrumentaux, comme je l'ai dit, sont très bonnes et collent aux Mc's, mais leurs couleurs sont assez similaires.
Bon malgré tout, pour un premier album, La Moza ne déçoit pas. On s'attendait à un disque profond, riche de par son écriture, et c'est le cas. Pour les nostalgique des albums des grosses années 95-96, « Mozaïstes » est fait pour vous.
Edit Taiji : Je corrige la note que j'ai mise, un point de plus et encore je suis dur! La Moza c'est l'avenir du rap français alors jetez vous sur l'album.

La Moza
LP / sorti en 2008
Chronique de Taiji
note : 17/20
1 - Premiers fragments
2 - Interféré
3 - Notre arsenal
4 - Anesthésie locale
5 - Sur nos astéroïdes
6 - Digitale théorie
7 - Ma logique
8 - Miroir
9 - Qui s'acquitte de l'éthique
10 - Trace écrite
11 - Sonorama
12 - La gamme du chronomètre
13 - Homo sapiens lambda
14 - Aux frontières des ruelles
15 - Cellules souches
16 - Mais doc
17 - Irreductibles
18 - Le monologue de l'individu à bout
19 - Nuit noire
20 - Terminus (+ Ghost Track)
2 - Interféré
3 - Notre arsenal
4 - Anesthésie locale
5 - Sur nos astéroïdes
6 - Digitale théorie
7 - Ma logique
8 - Miroir
9 - Qui s'acquitte de l'éthique
10 - Trace écrite
11 - Sonorama
12 - La gamme du chronomètre
13 - Homo sapiens lambda
14 - Aux frontières des ruelles
15 - Cellules souches
16 - Mais doc
17 - Irreductibles
18 - Le monologue de l'individu à bout
19 - Nuit noire
20 - Terminus (+ Ghost Track)
Du même artiste :
Radio :
L'Assemblée (Québec) / Papaz (Québec) / La Moza
Interview de Hocus Pocus et de La Moza
Le baffle et la plume : KNX Crew, La Moza, AMC
Sons :
La Moza - Funambules
La Moza - Mozaiste
Podcasts :
Rapapodcast #08 de Achim Shark
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