_____La
première chose qui frappe lorsqu’on aperçoit ce « Radio Show » est
l’absence de crédits. Le dos est totalement noir, quand on ouvre le
boîtier pas de livret et l’arrière de la pochette est également noir.
Enfin quand on soulève le CD, tout noir lui aussi on a droit à une
photo de Fuzati en concert. Quand on met le CD dans sa platine on
est donc emporté dans un monde chimérique et mystérieux en ayant oublié
la carte (vous allez me dire oublier sa carte, c’est bien un truc
de looser), enfin presque (j’exagère à peine).
_____Mais on est vite en terrain connu
lorsque débute les lyrics de « Sous le signe du V ». Et là on a un
deuxième choc : le flow de Fuzati. En effet ici on n’a pas droit à
un album remix « normal ». Au lieu d’essayer de remplacer les anciens
morceaux en les refaisant sur une autre instru, Fuzati fait sa un
peu comme un exercice de style en radio (d’où le titre) où le MC reposerai
son album en live sur de nouvelles instrus. Ainsi parfois comme sur
« Toute la vérité » ou « Perspectives » on a des instrus qui ne sont
absolument pas dans l’ambiance des lyrics. De cette ambiance naît
également une façon de poser assez étrange. Tout est fait en une seule
prise, toujours dans l’esprit radio, avec parfois des ratés où Fuzati
ne rappe pas en mesure, ne pose qu’un couplet comme sur « De l’amour
à la haine », se trompe de mot, bafouille ou encore sa voix se perd
parfois dans l’instru comme si le micro était mal réglé où si il s’en
éloignait. Ainsi cela permet de pas tomber dans les travers de beaucoup
d’albums remix mais cela rend aussi l’écoute plus rude, il faut plusieurs
écoutes pour bien s’y habituer.
_____Mais la grosse (bonne) surprise
c’est les instrus. On sent Fuzati beaucoup plus à l’aise derrière
un sampler et ce n’est que mieux. On a ici des sons beaucoup plus
complexes et profond que sur « Vive la vie », le niveau est largement
supérieur. On a toujours droit à ses fameux samples kitch sortis de
d’ont on ne sait pas trop où avec en plus quelques sons dans une ambiance
un peu rock poussiéreux des 60’s/70’s comme sur l’excellent remix
de l’outro de « Vive la vie » qui conclut l’album sur un son de guitares
saturées du meilleur effet. C’est vrai qu’on ne sait pas quelles sont
les instrus de Fuzati et celles de Detect et les mauvaises langues
pourront dire que les bonnes sont celles de Detect et les autres de
Fuzati mais ça ne peut pas tenir car TOUTES les instrus sont excellentes,
ce qui fait attendre impatiemment un prochain album du Klub.
_____On a droit en plus à deux freestyles
et un inédit « Le parapluie ». Sur les deux freestyles Fuzati nous
rappelle qu’il s’est fait connaître par l’impro et qu’il n’a rien
perdu de son talent (bien au contraire).Le premier est certes assez
moyen, mais en comparaison au second qui lui est vraiment anthologique.
Quant à l’inédit, malgré qu’il soit très court (même pas 2 minutes)
il est de très haut niveau avec quelques phases anthologiques du looser
« Je sais que l’on m’attend au tournant mais pour l’instant je suis
chez moi/Quand le ciel ne pleurera plus j’irai m’acheter un chinois/Bien
sûr que les types comme moi commandent toujours à emporter/Manger
tout seul dans un resto j’en voit pas vraiment l’intérêt » avec une
description du parapluie comme symbole de la looserie par excellence
« Donc j’ai trouvé un objet à mon image/Je l’ai perdu, comme c’est
dommage ! ».