Je l'ai déjà
dit dans sa présentation (voir page promo)
: le gars est complexe. Ben sa 1ère Tizz tape (ou street cd,
c'est comme vous préférez), attention ! Elle est toute
à son image : de multiples visages pour un même vécu,
des représentations diverses sur une même ambiance musicale
fleurant bon le jazz et le groove. Il y a trop de choses à
en dire et ce n'est pas facile de faire synthétique.Parce qu'une
même ambiance musicale, mais chaque track a sa propre humeur...
Le son est définitivement cainri (et revendiqué comme
tel, écoutez "Cainrisme"), savamment travaillé
avec soin, pour ne pas dire ciselé, par Pedro Bass et Beat
Verses avec la participitation de Rom1 (qui vous vient de Californie)
pour l'habillage, et vous plonge dès l'intro (excellente et
péchue à souhait !:) dans lo mondo fabulo. Les feats
vont dans ce sens, rencontres plus que réussies avec Webbafied
(du crew End of the Weak, initiateur d'une des scènes les plus
créatives du NY underground. Matez le DVD "Life from NY"
et vous comprendrez ;), Punchline de Lyricist Lounge (présent
sur le son du Mondo fabulo mis en écoute sur notre page
mp3), Jack Full Meal (Breakneck), sans oublier pour la partie
potos français Jeff le Nerf (l'un des accolytes du Collal Shit),
Casino (et vi, originaires de Grenoble eux aussi, ne l'oublions pas),
Tshesko Bar avec une intrusion d'Alcide H (Serum) et Mike.
Les textes fleurent bon l'amour du verbe et, sous des aspect parfois
revêches (dans le sens parfois difficiles à appréhender)
mettent à nu sa vie, si ce n'est même un petit aperçu
de son âme.
L'amour du texte parce qu'une grande recherche. TH ne se simplifie
pas la vie en se contentant de rimes, il joue avec les sons, les syllabes,
les assonances, les dissonances (je vous parlais de démarche
artistique, ben en voilà un exemple), ce qui contribue à
lui donner son flow typique (tout autant que sa voix reconnaissable
entre toutes).
Loin de son image de clasheur et des battles de mc, il aborde ici
son vécu sans autre tabou que sa pudeur d'homme, nous présentant
tour à tour les différentes facettes de sa personnalité
: Th, Lo naz do baz, ou encore Guy Djojeuz pour son côté
tizz Il nous dévoile sans fausse honte ses ambitions et sa
vision perso du rap ("Au lieu de faire du rap durable j'voulais
faire du rare et ça me tuera" dans "Lo mondo fabulo"),
un cocufiage, une paternité avortée ("Life"),
revendiquant tout à la fois son goût pour la tizz (il
en parle partout, que ce soit sur le ton de la comédie avec
"Alcooloques z'anonymes" dont l'intro hilarante imagine
Jeff et Th se présentant à une réunion des AA,
avec un Th mort bourré "Bonjour, je m'appelle Th... et
j'ai même pas arrêté de boire !" ) tout autant
que sur la ton de la confidence '"moi j'ai eu cet immense bonheur
d'avoir eu un père qui boit" dans "Life". A
chacun d'apprécier ce bonheur...)
Une multitudes de thèmes donc, en parfaite présentation
de son monde, qui n'oublie ni le shit ("Animals Tango), les meufs
(l'intro joyeuse "je sais qu'elles aiment les rappeurs et les
rapports sexuels" de "Beatches Tizz et Bédo Night"),
ses peines de coeur (l'excellent "Crève Coeur" dans
laquelle il met en scène ce que la colère et la rage
ressenties quand quelqu'un vous trahit peuvent vous amener à
faire. Ouvrez l'oeil, le clip va bientôt tourner, ça
devrait vous surprendre... ;) , ses potes ("Mes vrais potes"),
sa ville ("38 District", avec une intro comique concoctée
par Adel, du duo comique grenoblois Pat&Adel) et qui lui permet
de s'offrir un petit morceau paternaliste "Comptine en gamins
mineurs" dans lequel, sous couvert de donner des mauvais conseils
aux gamins, il nous offre une vision lucide de la vie : "Petit
l'appétit vient en mangeant. Tu sais combien le monde change,
on n'a pas besoin d'un monte-charge pour évoluer dans le non
sens" .
Bref cet album c'est sa life, c'est du lui, sans voyeurisme, plutôt
un constat apaisé et plein d'humour .
Un humour omniprésent dans l'album, car on le retrouve dans
les textes, dans la participation d'Adel, mais également dans
les instrus, avec un tit renvoi à Will Smith et son prince
of Bel Air dans "Ivresses diverses" et l'inoubliable reprise
du "Wonderful life" de Black sur son outro bonus (vous n'entendrez
plus jamais cette chanson de la même façon après
avoir entendu celle-ci :). Après, le fait qu'il ait rajouté
des tracks bonus au milieu du skeud sans les avoir annoncé
sur la tracklist de la cover...(en vrai vous avez 21 tracks, régalez
vous :) je sais pas bien si c'est de l'humour... Parce que la 1ère
fois que vous mettez une track pour la réécouter, et
que vous tombez sur un autre morceau, c'est pas drôle... Et
ça vous oblige à rechercher à quel endroit elle
a été glissée cette track, à partir de
quand ça se décale, voyez ? Nan moi je dis là
c'est plus son côté chieur que son côté
comique ;).
Pour résumer : n'attendez pas du bad boy, c'est pas de l'égotrip,
ni des histoires de street, juste un peu de soleil en bouteille :)
Un excellent 1er skeud, soigné dans les instrus, le texte,
jusqu'à la cover (une 4 pages méchament réussie,
un excellent travail graphique agrémenté d'un dessin
de Willy Zekid), un peu hermétique parfois (les références
ne sont pas à la portée de tout le monde) et dont certains
pourraient se plaindre de l'uniformité (volontaire) au niveau
de l'ambiance musicale. Par contre, nul ne peut nier qu'il a été
fait au Loopshit studio avec amour la bëte, alors forcément
on tombe sous le charme :)
Avec le risque, comme toujours quand on place la barre haute, d'être
attendu au tournant. Comme il le dit dans le Mondo fabulo : "Faut
tenir la distance qui vaut l'écart".
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