La force
de Gravité Zéro résidait en partie dans la surprise de ce style bien
particulier aussi bien au niveau des productions que des lyrics : de
la musique science-fiction, une mouvance qui viendrait d’ailleurs (en
ce sens le morceau DJ 3e Type et sa référence à Rencontre du 3e Type
était bien trouvé). Ainsi, la difficulté d’en faire un remix résidait
dans la nécessité de donner un nouveau souffle à des morceaux déjà pour
la plupart excellent. C’est mission accomplie.
Creusons.
Gravité Zéro REMIX c’est 12 titres composés de 2 inédits et de 10 remix.
L’ idée c’est de prendre les deux rappeurs pour réinterpréter les morceaux
en gardant les lyrics de Gravité Zéro (à quelques rares exceptions près)
mais en adaptant les flows aux nouvelles productions. Et c’est là le
point fort : les productions sont confiées aux invités. Résultat : Stac
of Stamina remixent Progéria Solaire, D’incise remixe Infini, Le Jouage
Pleins d’Etoiles, Ddamage Trou Noir, Delleck DJ 3e Type en un DJ 4e
Type, Cinelux Anti-Matière, Delleck 3801, Abstract Keal Agram Hal 9000,
Anonymouse Galactica et Le Jouage Planet.
Cette guest list crée une véritable diversité au niveau des productions,
et comme la qualité est là, le rendu est simplement génial. Ces remix
donnent une seconde vie à chacun des morceaux : Ceux qui étaient particulièrement
convaincant, comme Planète, sont retravaillés de façon différente et
ainsi le nouveau Planet, à l’instru beaucoup plus doux, prend un nouvel
intérêt. De même Progéria Solaire avec son air d’orgue presque étouffant
est remixé dans un registre beaucoup plus électro. D’autres morceaux,
qui m’étaient apparus moins aboutis dans Gravité Zéro deviennent imparables
comme Anti-Matière remix et surtout, l’une des meilleures pistes de
l’album : Hal 9.000 remix dont la production sur le premier disque m’avait
très vite saoulé, Abstract Keal Agram, dans un registre qui leur est
propre apportent une prod qui collent exactement aux lyrics de ce morceau,
bluffant. Galactica, amusant mais vite lassant dans le premier opus,
devient l’ un des incontournables de ce disque, et c’est aussi là un
travail important de la part des deux rappeurs qui en plus de retravailler
le texte, accélèrent la cadence de manière impressionnante pour coller
à l’instru.
Les deux inédits enfin, ouvrent et clôturent l’album, le premier par
Dust, l’ autre par Larseine (utilisant un procédé de reproduction holophonique)
et chacun dans un registre complètement différent : l’un électro déjanté,
l’autre à écouter au casque, roulé en boule sous sa couverture avec
les larmes aux yeux.
En bref, James Delleck et Le Jouage ont visé juste. Ils nous offrent
ici un album hip-hop très électro dans la lignée de Gravité Zéro mais
en plus poussé. Excepté quelques rares morceaux dont on préférera les
originaux (Infini par exemple), l’ensemble est de très bonne qualité
et je retiendrai personnellement les quatre pistes qui se suivent 3801,
Hal 9.000, Galactica et Planet : tout simplement excellents, ils valent
à eux seuls largement l’achat de ce disque.