PUSH'K CREW - Cularo Chronicus
Hip Hop Grenoblois
EP / sorti en 2003
Chronique de Lady Psycho
à savoir :
Sur Rapa, on aime bien parler de jeunes groupes qu'on kiffe et qui ont un vrai avenir dans le rap français, le Push'K Crew en fait partie donc écoutez le son sur le site, et consultez la page promo ! Stay Tuned !
Après son maxi "Quelques tonnes de rimes en stock" le crew grenoblois nous gratifie ici d'un premier album fort sympathique malgré ses faiblesses de mixage.
Pour les curieux qui s'interrogent, Cularo est l'ancien nom de Grenoble. un titre qui colle à l'esprit du skeud, les chroniques grenobloises, succession de tranches de vie, prétexte à poser ce qu'ils vivent, ce qu'ils pensent, leur regard surle monde d'aujourd'hui, le tout sur des instrus joliment ciselées en majorité par DJ Filou (Fonkie Fresh).
Dès le départ, l'intro nous invite à nous plonger dans l'écoute "tu sais ce que tu vas faire ? tu vas fermer les yeux et puis d'un seul coup..." Et puis d'un seul coup c'est l'intro et la prise de connaissance avec le push k ("ceux qui en ont besoin vont comprendre ces rimes")
Elle nous entraine sur le chemin de Da Kombin'as, avec la mélodie des percus qui interpelle en arrière plan, chemin de l'humilité, de la discrétion (pour ne pas se faire griller), chemin suivi par le Push'K qui nous l'explique.
Un chemin pour aller où ? Pas pour le Monopole dont je ne citerai que ce passage : "une élite a pour lutte et pour but de nous fixer des limites et c'est nous. La loi du fric t'élimine mais mon esprit lui reste intact et mon hip hop contre-attaque" pour vous en résumer l'esprit.
Après les violons du monopole, c'est une ligne de basse rappelant le rythme d'un train que commence Cularo Chronicus et ses "24 mesures comme autant de quarts d'heure", comme les 3*8 également, le train train quotidien "je me lève 7h ce matin je sais déjà ce qui m'attend".... BBK nous fait vivre une journée d'un étudiant dont le rap empli le crâne, de son trajet en tram à sa ville qu'il arpente "J'écris sur ma ville..."; "Grenoble, et c'est comme ça que ça se passe pour le Push K Crew et Da Kombin'as". S'en suit un skit délirant qui nous plonge d'un coup dans une ambiance halloween avec grands rires maléfiques :)
Le décor est planté, voyons ce qu'on peut y faire : Si je rap, "c'est pour les mecs qui sont assis derrière moi etle Push K", un sujet classique, bien amené, d'un avenir brillant comme Dany lol, qui se termine par un skit de pur scratch (le passage qui m'a ouvert les yeux sur le scratch, hallelujah j'ai enfin cerné la chose lol) (un jour vous verrez je parlerai mieux des instrus que des textes ;) (ben quoi ? mdr)
La vie d'Yves Remord est un morceau bondissant, espiègle "d'abord, d'abord, c'est la combinaison magique, c'est le dingue et le fanatique", un morceau gai comme l'alcool dont il traite, avec en clin d'oeil l'accent dauphinois pour parcourrir la région.
Mais l'abus se paie toujours, et voilà Gaston 2003, et son ambiance chaloupée au parfum de lendemain de fête "le dimanche c'est balourd surtout quand t'as trop fumé la veille"
C'est sur une instru à la mister Magoo que démarre Repères, dont l'accordéon illustre bien le malaise mental (que ce soit au niveau de la famille, de la société, de la foi etc...) étudié dans le thème ( "plus de repères, on repart tous les jours à 0")
La légèreté revient avec PF (pour Plans Foireux) "la guigne s'abat sur nos guens, malgré notre passion et notre art, l'envie de tout lâcher"... et ça se comprend quand on entend la litanie de leurs galères, les microphones plein de faux contact etc, le dur quotidien d'un tit groupe qui galère "on répète dans la uno"
Vient ensuite la Loi du chacun pour soi, "l'idéal que chacun poursuit, c'est pour ça que l'union fait la forza", une critique saine de l'égoïsme, de l'hypocrisie, de l'individualisme. Vice l'Art en feat avec Jeff le Nerf se devait d'être plus agressive, dans les instrus comme dans les textes lol ("... ma stratégie est prête, je sais comment te la mettre"...), du rap hardcore que même moi ça m'a fait délirer lol
Si je rap encore, feat AMC et La Moza est le morceau que je préfère, il a une bonne pêche, c'est un morceau qui balance, qui démarre dans l'humour avec l'accent dauphinois encore et l'expression bien de chez nous "le con de tes morts". Si je rap c'est que je pense qu'il y a encore des choses à dire" (une excellente raison pour arrêter une fois pour toute de se lamenter sur la prétendue mort du rap français !) (oui, je m'emporte là, je sais). Un bon featuring comme on aimerait avoir le plaisir d'en voir sur scène (ceci est un appel ;)
S'ensuit Power, franchement groovy, une tite déclaration de foi "on n'a pas de prétention, tout l'amour qu'on a pour le hip hop on le met dans le son", qui se termine sur une tite musique de foire.
L'album se termine par Destruction "victime de quoi ? victime de l'anonymat", un rappel de leurs racines "avancer dansle mauvais sens devient une banalité, donc tu renies ta famille, tu renies d'où tu viens, tu renies ton père qui trime pour un salaire de péruvien..." Un album sans prétention aucune (par prétention, je veux dire qu'ils ne sont pas prétentieux ;), à écouter sans modération, aux instrus prenantes (j'arrive pas à parler des instrus, c'est bien dommage parce qu'elles sont soignées et qu'elles valent le détour), aux textes sympathiques, les skits intégrés aux morceaux sont un régal et pour ne citer qu'eux : "Tu as apprécié ? Pour continuer l'expérience, appuie sur le bouton rouge"
Note: 14/20

du même artiste:
"mp3"

 


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Tracklist:
01 - Instructions
02 - Da Kombon'as
03 -
Monopole
04 - Cularo Chronicus
05 - Si je rap
06 - La vie d'Yves Remord
07 - Gaston 2003
08 - Repères
09 - PF
10 - La loi du chacun pour soi
11 - Vice l'art
12 - Si je rap encore
13 - Power
14 - Destruction